Les biais cognitifs au travail
En tant qu'employeur ou professionnel des ressources humaines, vous aimez penser que vous prenez des décisions objectives, mais dans la pratique, des mécanismes inconscients entrent souvent en jeu. Ces biais cognitifs influencent la manière dont vous interprétez les informations et faites des choix, y compris au sein de votre organisation.
Qu'est-ce qu'un biais cognitif ?
Un biais cognitif est une déviation systématique de la pensée logique et rationnelle qui influence inconsciemment notre jugement. Grâce à ces biais cognitifs, nous pouvons prendre rapidement des décisions et traiter de nombreuses informations. Un biais cognitif est une sorte de raccourci mental. Il peut être efficace, mais aussi fausser notre jugement.
Les biais cognitifs font partie intégrante du fonctionnement de notre cerveau et touchent tout le monde. C'est pourquoi ils influencent souvent notre jugement à notre insu .
Pourquoi prêter attention aux biais cognitifs au travail ?
Sur le lieu de travail, et a fortiori dans les processus RH tels que le recrutement, les biais cognitifs peuvent avoir un impact considérable.
Effets négatifs des biais cognitifs
Ils peuvent entraîner :
- des décisions moins judicieuses, comme le fait de ne pas sélectionner le candidat possédant les meilleures compétences
- des évaluations subjectives
- un traitement inéquitable des travailleurs ou des candidats
- une discrimination, même involontaire
Du biais cognitif à la discrimination : quand franchit-on la ligne rouge ?
Tous les biais ne conduisent pas à une discrimination. Cependant, lorsqu'ils influencent les décisions ou les comportements, ils peuvent entraîner une discrimination basée sur un critère protégé.
Exemple
Un responsable pense que les personnes issues de l’immigration parlent moins bien le français.
- Pas de discrimination: le manager est conscient de ce biais et utilise un formulaire de candidature anonyme axé sur les compétences. Le candidat a une chance équitable d’être convoqué à un entretien.
- Il y a discrimination: le responsable ne convoque pas le candidat à un entretien en raison de son nom. Il s’agit d’une discrimination fondée sur la nationalité ou l’origine nationale.
Comment limiter l’impact des biais?
Réfléchissez consciemment à vos biais et utilisez des outils d’objectivation tels que les entretiens structurés ou les candidatures anonymes. Vous prendrez ainsi des décisions plus justes et plus éclairées.
Biais cognitifs et discrimination : que dit la loi ?
Les biais cognitifs peuvent entraîner des comportements discriminatoires. En Belgique, il est interdit de traiter une personne différemment, sans justification valable, sur base de critères protégés tels que l’âge, le genre, l’origine ou le handicap – même sans intention délibérée. C’est ce que l’on appelle un comportement interdit.
C'est pourquoi il est important d'organiser les processus décisionnels de manière à ce qu'ils soient objectifs, transparents et contrôlables.
Exemples de biais cognitifs sur le lieu de travail
- Recrutement: un recruteur privilégie inconsciemment les candidats ayant un parcours ou une formation similaires, par exemple ceux de la même origine, de la même tranche d'âge ou du même milieu socio-économique. Cela réduit les chances des autres candidats.
- Analyse des candidatures: face à un CV incomplet, un recruteur complète automatiquement les informations manquantes en se basant sur des expériences antérieures, par exemple en supposant qu’une personne est moins disponible en raison de son genre ou de son âge.
- Entretien d'embauche: la première impression qu'un recruteur a d'un candidat influence le reste de l'entretien. Un accent ou un style vestimentaire associé à une religion peuvent, par exemple, influencer son jugement et conduire à une appréciation systématiquement plus positive ou plus négative.
- Évaluation: une travailleuse qui revient d’un congé de maternité a moins de performances récentes à faire valoir et obtient donc une évaluation moins favorable.
- Travail d’équipe: une personne autiste ou souffrant d’anxiété sociale donne l’impression d’être moins sûre d’elle et est de ce fait moins écoutée lors des réunions. De ce fait, cette personne a moins d’influence ou d’opportunités.
Quelques idées reçues
- « Je suis un professionnel. Je n'ai pas de biais cognitifs. »
C'est faux. Tout le monde a des biais cognitifs, même lorsqu'on essaie de porter un jugement objectif. On peut toutefois mettre en place des processus et des outils permettant de les détecter ou de les éviter. - « Je suis conscient de mes biais cognitifs et je peux donc les éviter. »
C'est faux. On peut apprendre à reconnaître ses biais cognitifs et utiliser des outils pour en limiter au maximum les effets, mais on ne peut pas les « éliminer » complètement. - « Les biais cognitifs sont toujours mauvais. »
Pas toujours. Les biais cognitifs ont aussi des fonctions utiles. Ils nous aident à prendre rapidement des décisions, mais peuvent aussi conduire à des erreurs ou à de la discrimination. Nous devons donc en être conscients.
Informations et outils intéressants
E-learning : recrutement neutre
Dans la formation en ligne « Recrutement neutre », vous découvrirez quels sont les préjugés cognitifs les plus courants lors du recrutement, comment les reconnaître et ce que vous pouvez faire pour limiter leur impact.
Critères protégés par la législation antidiscrimination
La législation antidiscrimination fait référence à des critères protégés. Il est interdit de traiter différemment des personnes en raison de ces critères et sans justification. Les critères protégés sont répartis en deux types. Découvrez-les sur eDiv.
Comportements interdits par la législation antidiscrimination
La législation antidiscrimination liste 9 comportements interdits. En tant qu'employeur il est important de les connaître. Vous saurez ainsi où se situent les limites et comment protéger vos travailleurs et votre organisation.
Vous souhaitez recevoir notre newsletter avec nos dernières actualités ?
Inscrivez-vous à notre newsletter !