Différence entre le droit civil et le droit pénal
Le droit civil et le droit pénal sont deux branches du droit belge, toutes deux importantes pour lutter contre les situations de discrimination et de racisme. Ces deux systèmes ont des objectifs, des procédures et des types de sanctions différents. Nous répondons aux questions essentielles :
Pourquoi le droit civil et le droit pénal sont-ils des notions importantes pour les employeurs ?
En tant qu'employeur, vous pouvez être confronté à la fois au droit civil et au droit pénal en cas de discrimination. La distinction entre ces deux systèmes est importante, car les procédures, les instances concernées et les conséquences éventuelles diffèrent.
- Sur le plan civil, un travailleur, un candidat à un emploi ou toute autre personne concernée peut saisir le tribunal s’il estime avoir été victime de discrimination. Le juge peut alors ordonner la cessation de la pratique discriminatoire et/ou accorder des dommages et intérêts à la victime.
- Sur le plan pénal, certaines formes de discrimination peuvent donner lieu à des poursuites pénales. Dans ce cas, le ministère public (l’auditorat du travail) enquête sur les faits et un tribunal pénal peut prononcer une sanction.
La discrimination peut donc entraîner le versement de dommages et intérêts et, dans certains cas, des sanctions pénales à l’encontre des employeurs. Il est donc essentiel de baser les décisions relatives au personnel sur des critères objectifs et pertinents, et de mener une politique de non-discrimination claire.
Quelle est la différence entre le droit civil et le droit pénal ?
| Droit civil | Droit pénal | |
|---|---|---|
| Le droit civil fait partie du droit privé et a pour objectif de régler des litiges entre des parties. | Le droit pénal relève du droit public et a pour objectif de protéger la société. | |
Parties
| - le demandeur : il engage la procédure - le défendeur : doit se défendre | - l'accusé - la société, représentée par le ministère public (également appelé « parquet ») |
Objectifs
| - résoudre le conflit - réparer le préjudice - faire respecter une obligation | - sanctionner les infractions pénales - garantir l'ordre public et la sécurité |
| Types de faits | Litiges entre personnes ou organisations. | Infractions pour lesquelles la loi prévoit une sanction. |
Conséquences possibles
| - paiement de dommages et intérêts - respect d'une obligation contractuelle - mise en œuvre d'une mesure (par exemple, un aménagement raisonnable) Le juge ne prononce pas de peine, mais détermine qui a juridiquement raison. | - amendes - détention ou peines d'emprisonnement
Le juge examine si les faits sont avérés et fixe une peine. |
| Tribunaux compétents | - justice de paix - tribunal de première instance - tribunal du travail - tribunal de l'entreprise - cour d'appel (chambre civile) | - tribunal de police - tribunal correctionnel - cour d'assises - cour d'appel (chambre correctionnelle)
|
Il arrive parfois que le droit civil et le droit pénal coexistent !
Par exemple, une victime de violence peut :
- soutenir une procédure pénale engagée contre l'auteur des faits
- et engager elle-même une procédure civile afin d'obtenir des dommages et intérêts.
Dans ce cas, le jugement pénal est rendu en premier lieu, puis vient la procédure civile.
Exemples concrets
Droit civil
- Discrimination à l'embauche ou dans l'accès à une promotion : la victime peut réclamer des dommages et intérêts devant le tribunal du travail.
- Refus d'aménagements raisonnables pour un travailleur en situation de handicap : le juge peut obliger l'employeur à mettre en œuvre ces aménagements.
- Harcèlement ou comportement inapproprié : le travailleur peut demander des dommages et intérêts à l'employeur et/ou à l'auteur des faits, selon la personne responsable.
Droit pénal
- La discrimination fondée, par exemple, sur l'origine, le handicap, la religion ou le genre peut, dans certains cas, être punissable en vertu du code pénal.
- Harcèlement, intimidation ou violence au travail : l’auteur peut faire l’objet de poursuites pénales. Dans certains cas, l’employeur peut également être poursuivi, par exemple en cas d’infractions graves à la loi sur le bien-être.
- Les infractions à la loi sur le bien-être au travail, par exemple lorsqu'aucune mesure n'est prise face à des risques psychosociaux dans des situations graves, peuvent entraîner des sanctions pénales à l’encontre de l’employeur.
Quelques idées reçues
- « La décision d'un juge est toujours une sanction ». Ce n'est pas vrai. En droit civil, il s'agit d'une mesure de réparation, pas d'une sanction.
- « Une procédure pénale ne peut être engagée que si la victime en prend l'initiative ». Ce n’est pas vrai. Dans le cadre d’une procédure pénale, c’est le ministère public qui décide s’il y a lieu d’engager des poursuites. Cela peut se faire sur la base d’une plainte de la victime, mais aussi à la suite d’un signalement ou d'un dossier transmis par Unia, d’un procès-verbal de la police ou de l’inspection sociale, ou d’autres indices. La victime peut toutefois toujours se constituer partie civile.
- « Il faut choisir entre déposer une plainte civile ou une plainte pénale. Il n’est pas possible de mener deux procédures en parallèle ». Ce n’est pas vrai. Certaines situations relèvent du champ d’application des deux branches du droit. Dans ce cas, le jugement pénal est rendu en premier lieu, puis vient la procédure civile.
- « Une affaire pénale est un conflit entre la victime et l’auteur des faits ». Ce n’est pas exact. Une procédure pénale n’est pas un procès entre la victime et l’accusé, mais une confrontation entre l’accusé et la société, représentée par le ministère public (le parquet). La victime peut certes être une partie concernée importante, mais elle n’est pas partie au procès pénal proprement dit. Les victimes peuvent toutefois se constituer partie civile pour demander des dommages et intérêts.
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